Le principe est simple et redoutablement efficace. On se retrouve entre photographes, on tire une couleur au sort, et chacun part de son côté se promener en ville avec une seule mission : ne photographier que sa couleur. Pas de brief, pas de modèle, pas de lumière parfaite à attendre. Juste une contrainte, une ville, et ton instinct.
C’est ce qu’on a fait avec des copains photographes à Lyon récemment. Bleu, jaune, rouge, vert — et c’est parti.
Honnêtement ? Quand j’ai vu ma couleur, j’ai souri. Le bleu m’inspirait beaucoup et je me suis lancée dans les rues avec beaucoup d’enthousiasme.
Au début, je me suis focalisée sur les objets — ce que je trouvais en vitrine, les panneaux, les stickers collés sur les murs, les tags, les reflets… Un exercice de chasse aux couleurs presque graphique, presque abstrait. Et c’était vraiment intéressant de voir la ville différemment, de remarquer des détails qu’on ne voit plus tellement on est habitués à les croiser.
Mais assez vite, quelque chose me manquait.
Vous le savez si vous me suivez : je ne photographie que du vivant. J’ai commencé par l’animalier, ensuite les portraits, et maintenant le mariage et la famille. Le fil conducteur a toujours été le même — quelque chose qui bouge, des regards, de l’émotion, de l’imprévu.
Alors forcément, au bout de quelques rues, j’ai recommencé à chercher des gens. Des manteaux bleus, des sacs, des foulards… et surtout des visages. Parce qu’une couleur portée par quelqu’un, c’est infiniment plus vivant qu’une couleur sur un mur.
C’est là que l’exercice a pris une toute autre dimension. Je me suis surprise à papoter avec des passants, à leur demander si je pouvais photographier un détail de leur tenue. Une veste, un sac, une paire de chaussures bleues.
Et vous savez quoi ? Tout le monde a dit oui. Avec le sourire en plus.
On est tellement habitués à s’ignorer dans la rue. Ou alors quand on se fait accoster, c’est souvent une mauvaise surprise. Là, une approche simple, une démarche artistique sincère, et l’échange se créait naturellement. Des sourires, des petites conversations, des gens curieux de savoir ce qu’on faisait…
Ces micro-rencontres m’ont rappelé pourquoi j’aime autant ce métier. La photo, c’est un prétexte pour connecter avec les gens.
Que vous soyez photographe confirmé ou simplement curieux, je vous recommande cet exercice les yeux fermés. Prenez votre ville, prenez vos amis, tirez une couleur au sort — et partez. Sans pression, sans objectif parfait. Juste l’envie de voir différemment.
Lyon se prête parfaitement à ce genre de balade créative. Mais n’importe quelle ville fait l’affaire. Ce qui compte, c’est de sortir, de chercher, et de laisser la contrainte faire son travail.
Le color hunting, c’est gratuit, c’est fun, et ça redonne le goût de photographier pour le plaisir. Essayez. Vous m’en direz des nouvelles 🎨